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René NABA
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Le 23 juillet 2012 à 21 h 04 min   

 

  • Ce papier est co publié avec www.differences-larevue.org, blog de militants du MRAP et la revue «Les Zindignés N°3 Juillet Eté 2012 à l’occasion du 50 me anniversaire de l’Indépendance de l’Algérie, en hommage à ce pays, proclamé le 5 juillet 1962 au terme de huit ans de guerre mettant fin à 132 ans de présence française.

Paris – Il arrive que l’on aime les Algériens, mais certainement pas pour leur caractère. Plus sûrement pour leur douloureuse et glorieuse histoire, leur colonisation intensive et leur guerre de Libération Nationale, l’une des rares victorieuses avec celle menées par le mouvement nassérien du FLOSY du Sud Yémen de Abdel Kawi Makkawi contre le protectorat britannique d’Aden.

C’était l’époque heureuse où un chrétien palestinien Georges Habbache faisait le coup de feu avec un musulman yéménite contre leur ennemi commun, le colonialisme occidental.

L’époque heureuse où Nasser l’égyptien était la cible d’une expédition punitive de la part des puissances coloniales de l’époque, la France et le Grande Bretagne, avec le soutien de leur créature, Israël, pour avoir porté aide à ses frères d’armes algériens en lutte pour leur indépendance.

L’époque heureuse où un archevêque de Jérusalem, Mgr Hilarion Capucci, faisait l’objet d’une mesure de bannissement pour son soutien aux Palestiniens, un poète chrétien palestinien, Kamal Nasser, porte-parole de l’OLP, -oui, un chrétien porte-parole de la centrale palestinienne- devenir la cible dissuasive à l’engagement des chrétiens arabes dans la résistance palestinienne, lors d’un raid israélien en plein cœur de Beyrouth, le 13 avril 1975 et vengé à son tour par un druze libanais. En symbole du dépassement du clivage ethnico-religieux, portant le combat au cœur de la Palestine, Samir Kantar glanera au passage le glorieux titre de «doyen des prisonniers politiques arabes», dont il sera déchargé au profit d’un palestinien lors de sa libération par le Hezbollah chiite.

Les choses étaient claires: bloc contre bloc, frontalement. Nasser, Habbache, Ben Bella et Boumediene, des dirigeants ascétiques, au nationalisme fier et ombrageux, pleins de tenue et de retenue, imposant le respect à leurs adversaires, sans jamais défrayé de leurs frasques la chronique de la presse à scandales.

Nasser en soutien à la révolution algérienne et Boumediene en bailleur de fonds de son successeur Sadate pour la percée du Canal de Suez et de la destruction de la ligne Bar Lev.

Heureuse époque et glorieuse où Boumediene surprenant le Kremlin au saut du lit, en octobre 1973, pour des emplettes à destination du champ de bataille, déboursera cash 200 millions de dollars pour des missiles balistiques aux fronts du Sinaï (Egypte) et du Golan (Syrie), en complément du bataillon algérien dépêché sur le front de Suez pour colmater la brèche du déversoir, en superposition au ravitaillement énergétique des corps de bataille arabes. Des emplettes en toute discrétion, sans la moindre ostentation, pour une contribution globale de l’ordre d’un milliard de dollars de l’époque.

Heureuse époque où l’appartenance religieuse ne surdéterminait pas les options politiques.

Les temps ont changé. A leur place trônent désormais des obèses autocrates générés par les lubrifiantes pétromonarchies, protégés par des mercenaires recrutés au sein du vivier des soldats perdus de l’Occident, les mercenaires de Blackwater et d’Executive Outcome, de Vinnel et de Strafor; des gisements de pétrole protégés par des Israéliens à Abou Dhabi et en Arabie saoudite (1), sur fond d’attentats du mouvement wahhabiste «Al Qaïda» contre les chrétiens d’Irak et d’Egypte, au rythme soutenu des fatwas: Fatwa pour la destruction des églises de la péninsule arabique, Fatwa pour l’assassinat du président syrien Bachar Al-Assad, prioritairement à un israélien (Ayed al Karni), Fatwa pour l’allaitement de l’adulte, Fatwa, enfin, pour la correction de la femme désobéissante (2).

Les temps ont changé. Le Mouvement Nationaliste Arabe, vivier d’une cohorte d’intellectuels arabes de talent agrégés à leur chef charismatique Georges Habbache en un mouvement transnational laïc et progressiste qui avait tenu en haleine la scène arabe pendant deux décennies, a cédé la place au rigorisme de la mouvance wahhabiste dans toutes ses déclinaisons rigoristes voire obscurantistes, talibane, djihadistes d’Al Qaïda, Salafistes, Takfiristes.

Avec en support, des prédicateurs millionnaires, l’égypto-qatariote Youssef Qaradawi et le saoudien Ayed Al Karni, les cautions jurisprudentielles des équipées atlantistes en terre arabe, particulièrement contre les régimes séculiers. Et pour cible prioritaire, non la Palestine, mais les Bouddhas de Babyane, l’Union soviétique en Afghanistan, le principal fournisseur d’armes des pays du champ de bataille, des tours civiles à New York, l’Irak, contre les Chiites et les Chrétiens, la Syrie, contre les civils à Alep et Damas, voire même Toulouse et Montauban, en pleine campagne présidentielle française, exacerbant l’islamophobie latente d’une large fraction de l’opinion française.

En contrechamp, le Hezbollah libanais, objet désormais d’un désamour de la part du président démocrato-nahdawiste de Tunisie, Moncef Marzouki, se fixe comme point de mire, le doigt sur la gâchette, Israël, uniquement Israël, exclusivement Israël… et stigmatiser à ce titre.

Signe de la modernité arabe, c’est à dire de l’aliénation mentale des Arabes, les pétro-monarques et les Occidentaux se liguent, de nos jours, contre un des principaux pays du champ de bataille, la Syrie, au nom de la modernité et de la démocratie en une drôle d’alliance de régimes rétrogrades arabes avec le protecteur d’Israël. De grands pays arabes sunnites et Israël se liguent pour imposer le blocus de Gaza, le dernier ersatz de la Palestine combattante…..au nom de « l’Islam des lumières »….un Islam des lumières forgé par des obscurantistes pour la promotion de leurs intérêts de survie dynastique.

Quelle était pourtant belle cette prodigieuse décennie de diplomatie multilatérale initiée par le tandem Boumediene-Bouteflika (1970-1980), marquée par le débarquement de Yasser Arafat à l’ONU (1974), la propulsion du nouvel ordre mondial de l’information, l’accord frontalier irako iranien (1975), le dénouement de la prise d’otages de l’OPEP menée par Carlos (1976), et la libération des otages de l’ambassade américaine de Téhéran (1079-1980). L’Algérie en paiera le prix fort par l’implosion aérienne de son brillant ministre des affaires étrangères de l’époque, Mohamad Seddik Ben Yahya (1982), le troisième d’un tel calibre après Mohamad Khemisti (1963) et Abdel Aziz Bouteflika.

Belle, mobilisatrice et créatrice, dans les deux versants du monde arabe, à Alger et Beyrouth, les deux plateformes opérationnelles des mouvements de libération du Tiers monde, dans la décennie 1960-1970, où dans une subtile répartition des rôles, la capitale libanaise abritait, autour de l’OLP, les révolutionnaires de la péninsule arabique et de la Corne de l’Afrique (Arméniens de l’ASALA, Kurdes du PKK, Omanais du Front de libération du Dhofar, en sus des Somaliens, des Erythréens et des Yéménites)?

Et l’algérienne, autour des Blacks Panthers, la kyrielle des mouvements du continent africain du Frelimo du Mozambique, à l’UNPLA de l’Angola, à la ZAPU du Zimbabwe, à l’ANC (African National Congress) d’Afrique du sud enfin.

I-En ces temps-là, le nationalisme arabe faisait sens.

L’Arabe et le Palestinien captaient le regard du monde et comptaient parmi leurs compagnons de route de prestigieuses personnalités, tel Frantz Fanon, le lumineux auteur des «Damnés de la terre» et pour compagnon de lutte d’authentiques patriotes, Ho Chi Minh (Vietnam), Chou En Lai (Chine), Nehru (Inde), Soekarno (Indonésie), tandis que la keffieh, la coiffe traditionnelle palestinienne, était, parallèlement, propulsée au rang de symbole universel de la révolution, déclinée dans toutes les couleurs pour devenir le point de ralliement de toutes les grandes manifestations de protestation à travers le monde de l’époque contemporaine.

Le patriotisme était la règle, non la bigoterie. La cohérence idéologique, non le djihadisme erratique.

L’Algérien Ali La Pointe se fera ainsi dynamiter sur sa terre natale plutôt que de se livrer aux bourreaux de son peuple, alors que l’islamiste explosif Abou Qtada al Filistini, emprisonné à Londres chez son «mécréant» ancien colonisateur, freine des quatre fers son bannissement vers la Jordanie, un pays pourtant dirigé par un Roi se réclamant de la descendance du prophète en sa qualité de chef de la dynastie hachémite;

Le Palestinien Yasser Arafat soutenir trois sièges (Amman, Beyrouth, Ramallah) plutôt que d’abdiquer le droit inaliénable de son peuple sur la Palestine, alors que la plus jeune veuve d’Oussama Ben Laden, le fondateur d’Al Qaida, quête l’asile au Royaume-Uni dans une démarche qui signe le retour manifeste du refoulé. Une requête qui porte absolution rétrospective de l’artisan de la «déclaration Balfour» de toutes ses turpitudes envers le Monde arabe et dévoile dans le même temps la connivence stratégique souterraine de la mouvance wahhabite erratique avec le bloc atlantiste, le prédateur énergétique du Monde arabe.

Le premier président de l’Algérie indépendante, Ahmad Ben Bella, unique porteur de ce titre au Monde, ne jamais renier ses options de jeunesse, ni comploter contre son propre pays dont il aura été pourtant captif pendant une décennie, alors que le syrien Abdel Halim Khaddam, prédateur de l’économie libanaise pendant trente ans en sa qualité de vice-président de la République syrienne, rallier, sans vergogne, le camp de ses adversaires idéologiques, sous l’effet des pétrodollars.

Majestueux Ben Bella, blessé à Monte Cassino, la plus grande victoire française de la 2me Guerre Mondiale du fait du sacrifice de 4000 algériens tués au combat sur les 6.200 du contingent français, dont à l’instar du sénégalais Léopold Sedar Senghor, aucun français de premier plan n’aura assisté à ses funérailles, illustration symbolique du traumatisme que le combat algérien a infligé à la France et de l’ingratitude des Français à l’égard de la contribution des «basanés» à la libération de la France.

Un palestinien, par sectarisme confessionnel, pister pour le compte de ses employeurs jordaniens et israéliens, Imad Moughniyeh, le maître d’œuvre des opérations militaires du Hezbollah Chiite au Moyen Orient, prélude à son assassinat.

Le Hezbollah chiite libanais fournir un soutien logistique à son frère d’armes palestinien le mouvement sunnite Hamas, en substitution des grands pays arabes sunnites à la manoeuvre dans la mise en œuvre du blocus de Gaza sur fond de bradage par l’Egypte de son pétrole à Israël.

Le patriarche des coptes d’Egypte, enfin, Shenouda IV, se porter volontaire sur le front du Sinaï, en 1967, pour la défense de sa patrie en soldat de 2me classe et s’opposer par la suite à Sadate à sa normalisation avec Israël, en interdisant à ses ouailles le pèlerinage de Jérusalem à l‘ombre des baïonnettes israéliennes, alors que le Mufti d’Al Azhar, avec l’aval du ministère israélien de la défense, cautionne par sa visite à la Mosquée Al-Aqsa, l’occupation des Lieux saints et de la totalité de la Palestine.

Si, en Europe, le nationalisme a pu s’identifier, par moments, au chauvinisme, il n’en est pas de même dans le Monde arabe. Antidote à la balkanisation, le nationalisme arabe (al kawmiya al arabiya, qui pourrait se traduire par le patriotisme pan arabe) a marqué- et marque toujours- le dépassement des clivages ethnico-religieux et leur mobilisation contre les adversaires communs du Monde arabe.

Il explique, rétrospectivement, l’engagement des premiers baasistes syriens aux côtés des maquisards algériens, particulièrement Noureddine Atassi, futur président de la République syrienne, Youssef Zouayen, futur premier ministre et Ibrahim Makhos, futur ministre des Affaires étrangères. Un combat scellé par solidarité contre un commun adversaire, la France, colonisatrice de l’Algérie et dépeceuse de la Syrie, par détachement du district syrien d‘Alexandrette et son rattachement à la Turquie.

A son actif, il peut légitimement revendiquer la première nationalisation réussie du Tiers monde, le Canal de Suez, la mise en échec de l’agression tripartite contre Nasser, en novembre 1956, l’indépendance du Yémen, l’abolition de la monarchie en Irak et au Yémen du nord, la vague de nationalisation des installations pétrolières en Algérie, en Irak, en Libye, la propulsion enfin de la revendication nationale palestinienne dans les forums internationaux.

II- L’Arabie saoudite: Le plus important générateur de djihadistes erratiques – Al Qaïda, la plus formidable machine autodestructrice des Arabes

L’Islam politique, c’est à dire l’instrumentalisation de la religion musulmane à des fins politiques, particulièrement sa branche sunnite, a noyé le combat national dans des conflits sectaires, le détournant de son principal champ de bataille: la Palestine….le portant en Afghanistan à des milliers de km du champ de la confrontation, voire même au Nicaragua sandiniste, au-delà des océans et, dans le cadre du «safari club» en Afrique, pour la défense de dictateurs véreux du calibre de Mobutu.

Si l’Islam politique a assuré la survie des dynasties décriées, notamment l’Arabie saoudite, Bahreïn, la Jordanie, le Maroc, le Qatar, il a aliéné une large part des amitiés internationales des pays arabes: La Russie avec la guerre d’Afghanistan, l’Inde avec la destruction des Bouddhas de Bamyan en Afghanistan et l’Iran, avec la participation pétro-monarchique au confinement géostratégique de la République islamique iranienne.

Plus grave, l’Islam pétrolier et atlantiste a assuré la pérennité d’Israël par la constitution d’une ceinture d’Etats vassaux à l’Etat hébreu doublée d’un chapelet de bases militaires dans les monarchies arabes, dotées désormais d’une majorité de blocage au sein de la Ligue arabe.

Le dévoiement de la religion a accentué la subordination arabe à l’ordre israélo-américain, sans la moindre contrepartie sur la Palestine, quand bien même l’Arabie saoudite, le meilleur allié arabe des Etats-Unis, aura été l’artisan deux plans de paix, et, en sa qualité gardiens des Lieux Saints de l’Islam, y compris la Mosquée Al Aqsa, n’aura pu freiner ni la judaïsation rampante de Jérusalem, ni la phagocytose de la Palestine.

Aux temps bénis du nationalisme arabe, un dirigeant arabe pouvait être pieux et patriote et respectés dans le Monde. Pieux sans ostentation, dans la sobriété.

Une femme se livrer à des actions d’exploit sans s’enfermer dans de contraintes vestimentaires, sans pour autant perdre ni sa dignité de femme, ni sa qualité de citoyenne, telles l’algérienne Djamila Bouhired et les palestiniennes Leila Khaled et Dalal Moghrabi.

Assumer sa cause, sans accompagnateur. Détourner un avion, sans permission de sortie, mues par le sens du devoir et non par une quelconque Fatwa, avec pour Dress Code, la tenue de combat, et, pour tenue de camouflage, non la dissimulation par la Burqa, mais la Keffieh fièrement arborée en guise de profession de foi.

Pendant dix ans, (1980-1990), la période correspondant à l’immobilisation de la Révolution chiite en Iran par la guerre irako-iranienne déclenchée par Saddam Hussein contre le régime khomeyniste et à la fixation de l’URSS en Afghanistan par la guerre des djihadistes du tandem pro américain Taliban+Al Qaïda, l’Algérie s’est laissée happer par une tourmente infernale, le tribut payé à son rôle moteur dans la revendication d’un nouvel ordre international, avant de plonger dans une phase de cicatrisation décennale.

La convalescence a un temps….différent du temps de la somnolence de la « Princesse au Bois Dormant », un rôle qui ne sied guère d’ailleurs à l’Algérie.

Désinformation et désorientation ont depuis lors affligé le Monde arabe post nationaliste. La désorientation mentale du Monde arabe a d’ailleurs atteint un degré tel que l’on voit la Libye nouvelle libérée par les parrains de l’opposition syrienne destituer une statue de Nasser, pourtant artisan la première nationalisation victorieuse du tiers monde; les Fatwas se succéder pour limiter la libido de la femme, révélant, en contrechamps, la pathétique concupiscence de l’homme.

Le Maroc contraindre une post adolescente violée à épouser son violeur, en guise de prime au bourreau dans une tragique métaphore du fait colonial; le Maroc, mutique sur la Mosquée Al-Aqsa, dont pourtant le commandeur des croyants en a la charge, en sa qualité de président du Comité Al Qqsa, gratifiant, au contraire, de son forfait, l’ordonnatrice de la destruction de Gaza, Tzipi Livni, d’un «collier de la reine».

L’Arabie saoudite, prôner par la voix d’un de ses plus prestigieux dignitaires religieux le meurtre d’un dirigeant arabe prioritairement au meurtre d’un israélien, affichant, en toute impunité, une curieuse conception et de la religion et de la dignité de sa fonction.

L’Arabie saoudite, le plus gros générateur de djihadistes erratiques, le principal bailleur de fonds de l’intégrisme et le centre mondial de la régression, focaliser sa haine -toute sa haine- contre l’Iran, menaçant de se doter de l’arme atomique en une semaine si ce pays musulman accédait au rang de «puissance du seuil», ignorant la formidable menace de l’arsenal nucléaire israélien qui hypothèque la sécurité nationale de l’ensemble de la sphère arabo musulmane.

L’Arabie saoudite, toujours et encore, récidiviste impénitente, prônée par la voix du Mufti du Royaume, la destruction des églises et lieux de culte chrétien dans la péninsule arabique, plutôt que d‘appeler à la libération de la Mosquée Al-Aqsa de Jérusalem de même que le Golfe pétro monarchique de la lourde tutelle occidentale, matérialisée par dix bases militaires de l’Otan, la plus forte concentration militaire américain hors du territoire national.

La Tunisie, sous la houlette du parti néo-qatariote d’An-Nahda s’empresser de réclamer l’instauration du mariage de confort (Zawaj al Mith’a) et abriter une manifestation à la gloire d’Oussama Ben Laden, le fondateur du mouvement «Al-Qaïda», la plus formidable machine autodestructrice des Arabes en Irak, en Syrie, au Nord Liban, sans jamais tirer le moindre pétard mouillé contre l’ennemi officiel du Monde arabe, Israël.

Le Qatar, enfin, commandant en chef d’opérette d’une guerre mercenaire de déstabilisation du Monde arabe pour le compte des ses protecteurs américains, assumer avec bonheur sa fonction de souverain servile, dont le ralliement de Abdel Rahman Qaradawi le propre fils de leur prédicateur attitré Youssef Qaradawi, à la branche rivale de l’Islam sunnite, le chiisme, retentira comme le plus magistral camouflet à la logomachie paternelle et un désaveu à sa caution religieuse à toutes les équipées atlantistes dans le Monde arabe au bénéfice de ses bailleurs de fonds qatariotes.

III- Pour une coopération stratégique avec le BRICS et le groupe de Shanghai

Le détournement mental est tel qu’il importe de revenir sans retard aux fondamentaux du combat politique.
Le Monde arabe n’a pas la même conception de sa sécurité que les Etats-Unis. Il n’a pas non plus vocation à être à la remorque éternelle des Etats-Unis, pas plus qu’il ne doit se vivre en état de prosternation continuelle devant la doxa officielle occidentale, ni en état de soumission permanente à l’ordre israélien, tant il s’avère insultant pour l’intelligence arabe de mener perpétuellement une guerre de substitution pour le compte d’autrui.

Le plus grand défi qui se pose au Monde arabe est de conjuguer Islam, progressisme et modernité et non de provoquer le ralliement d’intellectuels progressistes à un islamisme régressif. A ce titre, la libération du monde arabe passe par la libération de la femme, tant il parait aberrant de songer à se libérer par l’asservissement de la moitié de son univers. Et la Libération de la Palestine par la démocratisation de la Syrie et des autres pays arabes, simultanément à la libération de La Mecque de la pensée atlantiste et wahhabite.
Alors que le Monde arabe est la cible d’une épouvantable offensive visant, avec la complicité des roitelets du Golfe, et à leurs frais avancés, à brader la Palestine par des guerres de dérivation contre les régimes séculiers arabes (Irak, Libye Syrie), il importe de revenir aux fondamentaux du combat politique.

Un rôle à la mesure de l’Algérie, enfin sortie de sa léthargie diplomatique, dont elle devra être à l’avant-garde par la reconstitution d’une alliance sud-sud, le développement d’une coopération pan arabe, sa réconciliation à l’Eurasie, c’est à dire les pays sans passifs coloniaux avec les pays arabe, le groupe de Shanghai et du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) à l’effet d’atteindre une masse critique et de mettre un terme à la marginalisation croissante du monde arabe de la gestion des affaires du Monde.

Ah les temps bénis du nationalisme arabe. Pour preuve de sa charge explosive potentielle: le combat sans relâche mené par les Occidentaux contre ses symboles successifs, Nasser, Arafat, auparavant en Iran Mossadegh. De nouveau l’Algérie «dans un an», dixit Nicolas Sarkozy, et l’Iran dans trois.

Râle expiatoire ou sursaut d’espoir? Le souffle de l’épopée a resurgi, miraculeusement mais subrepticement, un quart de siècle plus tard, à Beyrouth, haut lieu de la contestation arabe, en 2006, lors de la guerre de destruction israélienne du Liban, où déjouant les attentes, la hiérarchie militaire chrétienne libanaise, le président Emile Lahoud, ancien commandant en chef de l’armée et son prédécesseur, le général Michel Aoun, feront bloc – feront corps- autour du Hezbollah libanais en lui offrant un sas diplomatique de protection, dégageant ainsi la voie à la «divine surprise» de la formation chiite.

Dans une zone gangrenée par une religiosité niaise, Hassan Nasrallah, moine soldat de l’Islam moderne, tribun religieux au langage châtié, au verbe riche, où s’entremêlent expressions religieuses et profanes, aura marqué le discours politique arabe par une tonalité ressortissant pleinement de la thématique nationaliste arabe la plus exigeante. Une tonalité laïque, qui tranche avec le rigorisme de façade de certains de ses détracteurs.

Formé à Nadjaf, la ville sainte du sud de l’Irak, cité refuge de l’Ayatollah Ruhollah Khomeiny, chef de la révolution iranienne, ce dignitaire chiite libanais et patriote arabe intransigeant aura réussi la synthèse du chiisme arabe et iranien, de l’islamisme et du nationalisme arabe, du visage occidental du Liban et de son appartenance au monde arabe.

Bel exemple d’une belle synthèse magistralement assumée. Belle symbiose islamo chrétienne pour la défense du Liban et de la Palestine que cette réédition de la séquence yéménite cinquante ans plus tard.

Beau spectacle que celui de la palestinienne Leila Khaled et de l’algérienne Djamila Bouhired, déambulant sur le champ de bataille, à jet de pierre de la frontière israélienne, en novembre 2006, sans fard, ni voile, dans une double démarche, symbolique de la libération de la femme, symbolique de la femme au combat, alors que, parallèlement, leur consœur chrétienne libanaise, la chanteuse Julia Boutros, défiait les Israéliens sur le terrain de leur propre défaite en magnifiant l’exploit de ses compatriotes chiites dans un hymne à la gloire de leur combat solitaire pour la dignité des Arabes, au sud-Liban même, la relève de la résistance algérienne et de la résistance palestinienne.

Sauf à précipiter le Monde arabe dans une nouvelle phase de décadence sans doute fatale, les islamistes devraient, pour restaurer leur crédibilité au seuil du pouvoir, faire preuve d’innovation par le dépassement du conflit idéologique qui divise le Monde arabo musulman depuis l’époque post coloniale, en une sorte de synthèse qui passe par la réconciliation de l’Islam avec le socialisme, la modernité et la diversité.
Prendre en outre l’initiative historique de la réconciliation avec l’Iran, le chef de file de la branche rivale chiite de l’Islam à l’effet de purger le non-dit d’un conflit de quinze siècles résultant de l’élimination physique des deux petits-fils du prophète, Al-Hassan et Al-Hussein, acte sacrilège absolu fruit du dogmatisme.

Répudier la servilité à l’égard des Etats-Unis, bannir le dogmatisme régressif sous couvert de rigueur exégétique, en un mot agréger l’Islam à son temps, le temps présent non le temps antéislamique d’Al Jahiliya, le temps préhistorique de la mentalité prélogique, en se constituant en force d’innovation et non de conservation, une force de construction et non de destruction.
Retour donc aux fondamentaux du combat politique, bloc contre bloc, démocrates contre usurpateurs, patriotes contre falsificateurs, ce qui implique, préalablement, un retour à la loi cardinale des principes de gouvernement des premiers temps de l’Islam: Ad dine Lillah wal Watan lil Jamih…. la religion relève de Dieu et la Nation appartient à tous ses citoyens…..lointaine préfiguration du principe de laïcité, tant il est vrai qu’un pouvoir se juge à la manière dont il traite ses minorités.

Une religion propulsée par la bigoterie et la démagogie est l’âme et le reflet des sociétés sans âme.

Références

1 – La firme israélienne AGT a édifié un barrage électronique dans la région frontalière entre les Emirats Arabes Unis et le Sultanat d’Oman afin de prévenir les infiltrations hostiles. Le barrage est en en fait un «mur intelligent» qui recèle des caméras pouvant enregistrer les traits de visage de ceux qui touchent le mur. Des données immédiatement transférées dans les fichciers des services de renseignements et de la police capables de déclencher une intervention des forces de sécurité». Le maître d’œuvre du projet est la firme AGT, dirigeée par Mati Kochavi, un israélien installé aux Etats-Unis». Cf. Le business secret d’Israël dans le golfe Persique, Georges Malbrunot Le Figaro 26 juin 2010.
De son côté, l’Arabie saoudite a noué une coopération technologique avec la société Daront, une société High tech installée dans la vile de Ramat-Gan, près de Tel Aviv, dont le centre de révision technique est basé dans la colonie de Ilaad. L’accord porte sur un programme informatique et la formation aux Etats Unis du personnel saoudien à sa mise en œuvre. Dans l’industrie pétrolière.

2-Fatwa du Mufti suprême saoudien pour destruction des Eglises dans la péninsule arabique au lendemain de la fusillade de Toulouse mi-mars 2012

http://www.alquds.co.uk/index.asp?fname=today\23z500.htm&arc=data\201233-23\23z500.htm

Fatwa Ayed Ben Abdallah Al Karni rend licite le meurtre de Bachar Al Assad
Un dignitaire saoudien Ayed Ben Abdallah Al Karni a émis une Fatwa dimanche 26 février 2012, rendant licite l’assassinat de Bachar al Assad: L’assassinat de Bachar est plus impératif que le meurtre d’Israéliens », a¬ -t- il déclaré sur la chaine de télévision saoudienne « Al Arabiya ».

Pour complément d’information voir l’article paru lundi 27février dans le journal Al Qods al Arabi http://www.alquds.co.uk/scripts/fb.asp?fname=data%2F2012%2F02%2F02-26%2F26z492.htm
Fatwa koweitienne autorisant un mari à têter le sein de sa femme, mais sans se nourrir de son lait

http://www.alquds.co.uk/index.asp?fname=online\data\2012-04-01-15-47-10.htm

En Espagne pour battre les femmes désobéissantes

http://www.alquds.co.uk/index.asp?fname=online\data\2012-03-22-17-27-07.htm

Déclaration à la BBC de la princesse de Basma Ben Saoud, fille du défunt Roi Saoud, sur l’injustice faite aux femmes en Arabie http://www.arabi-press.com/?page=article&id=3167

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Le 20 juillet 2012 à 19 h 03 min   

dimanche 16 janvier 2011, par Alain Gresh

( source : http://blog.mondediplo.net/2011-01-16-Jours-intranquilles-a-Beyrouth )

La révolution tunisienne a permis à la presse libanaise une courte pause. Les quotidiens du 15 janvier titrent sur la victoire du peuple, reprenant les mots d’un poème que tous les écoliers arabes ont appris, « si un jour le peuple veut vivre, alors la nuit doit finir… » [1]

Mais ni ce coup de tonnerre dans le ciel arabe, ni même la visite officielle du prince de Monaco, reçu par le président Sleimane, n’ont pu venir à bout des inquiétudes qui ont saisi le Liban depuis la démission du gouvernement et l’annonce que « le procureur du Tribunal spécial remettra ses mises en accusation lundi », le 17 janvier, pour examen par le juge (LeMonde.fr, 15 janvier). Le pays vit au ralenti, la circulation, toujours difficile, est plus fluide, le soir certains quartiers ont perdu de leur animation.

Les révélations (qu’il faut prendre avec une grande prudence, d’autant qu’elles avaient déjà été faites en décembre et sont « relancées » aujourd’hui) par un site conservateur américain Newsmax.com (14 janvier), selon lesquelles le rapport ne mettrait pas seulement en cause des membres du Hezbollah, mais aussi l’ayatollah Khamenei et d’importants responsables syriens, ont fait monter la tension (Ken Timmerman, « Israel Cautiously Monitors Lebanese Crisis »).

Les 17 et le 18 janvier, le président mènera des consultations avec les membres du parlement et devrait proposer un nouveau premier ministre.

Le 12 janvier, avec leur démission, les ministres de l’opposition ont fait chuter le gouvernement. Une des bizarreries de ce pays : malgré la constitution d’un gouvernement d’union nationale au printemps 2008, on continue de parler de majorité et d’opposition. Dans le premier camp, le premier ministre Saad Hariri et la majorité de la communauté sunnite ainsi qu’Amine Gemayel et Samir Geagea représentent une moitié environ des chrétiens ; dans le second, le Hezbollah et Amal mobilisent l’ensemble, ou presque, des chiites et le général Michel Aoun est soutenu par l’autre moitié des chrétiens – cette division des chrétiens, qui rend difficile un discours simpliste sur la menace du Hezbollah, est souvent oubliée dans les médias (lire Nicolas Dot-Pouillard, « Révolution chez les chrétiens du Liban », Le Monde diplomatique, juin 2009).

La majorité peut aligner 55 députés, l’opposition 57 et, au centre, si l’on peut dire, le bloc dirigé par Walid Joumblatt du Parti socialiste progressiste, leader druze, naguère allié à Hariri et qui a pris ses distances, s’est rapproché à la fois du Hezbollah et de la Syrie. Sa position déterminera l’issue de la crise actuelle. Il compte 11 députés. Si l’on ajoute quelques indépendants, on atteint le nombre de 128 élus.

Après une longue crise, déjà, qui avait débouché en mai 2008 sur la prise de contrôle militaire par le Hezbollah et ses alliés de Beyrouth, des accords négociés à Doha (Qatar) avaient permis de constituer ce gouvernement d’union nationale. (Lire « Une semaine qui a ébranlé le Liban », Le Monde diplomatique, juin 2008). Celui-ci a survécu, cahin-caha, y compris aux élections de juin 2009 perdues par l’opposition, qui avait toutefois obtenu plus de voix que la majorité.

Mais il n’a pas résisté aux rumeurs qui courent depuis plusieurs mois, et qui disaient que le procureur général du Tribunal spécial sur le Liban (TSL) sur l’affaire Hariri allait demander l’inculpation de membres du Hezbollah. Le 31 mars 2010, Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah, révélait que des adhérents de son parti avaient été entendus par le procureur, mais à simple titre de témoins (« Nasrallah, le Hezbollah et l’assassinat de Rafic Hariri »). C’est le 16 juillet que le même explique, dans un discours, que Saad Hariri l’a informé que des adhérents de son parti seraient inculpés par le TSL. Désormais, la stratégie du Hezbollah comme celle de l’opposition va être de demander au gouvernement de dénoncer les accords liant le Liban et les Nations unies sur le TSL, d’arrêter son financement, de retirer les juges libanais qui y siègent.

Des tentatives de médiation syro-saoudienne durant la seconde moitié de 2010 ne déboucheront pas, les positions des deux camps se révélant inconciliables sur le TSL. L’opposition exige désormais que le gouvernement qui sera constitué rompe avec le tribunal. Appuyée par la Syrie, réussira-t-elle ?

Pour le Hezbollah, comme pour la Syrie, l’enjeu dépasse largement le Liban. Le TSL, dont l’enquête serait « politisée » – et nul ne peut nier qu’elle l’a été, comme le prouve l’affaire dite des « faux témoins » (qui avaient mis en cause, dès le lendemain de l’attentat contre Hariri des responsables syriens) –, participe d’un complot visant à affaiblir la résistance et ses alliés, à la priver de ses armes, à la discréditer. Son analyse s’inscrit dans un cadre régional d’affrontement avec Israël et les Etats-Unis.

C’est aussi, paradoxalement, l’analyse de l’actuelle administration américaine, qui continue à considérer le Hezbollah comme une organisation terroriste et à vouloir l’affaiblir à tout prix. Nombre d’analystes au Liban pensent que Washington a contribué à l’échec de la médiation syro-saoudienne en poussant Hariri à maintenir un soutien fort au tribunal. [2]

Dans ce contexte, le compromis semble difficile. Nasrallah doit parler le 16 janvier au soir et on en saura sans doute plus.

Une nouvelle fois, il apparaît que les enjeux libanais dépassent largement les frontières de ce pays et que, tant que l’affrontement avec Israël perdurera et que la Palestine restera occupée, le Liban a peu de chances de connaître autre chose que des trêves et de pouvoir décider seul de son sort.

Notes

[1] Un lecteur a donné la citation exacte et je l’en remercie : Le poème arabe dont parle Alain Gresh est « La Volonté de vivre » du poète tunisien Abû al-Qâsim al-Châbbî, un des plus grands poètes du monde arabe et qui pourtant est mort à l’âge de 25 ans. « Lorsqu’un jour le peuple veut vivre Force est pour le destin de répondre Force est pour les ténèbres de se dissiper Force est pour les chaînes de se briser ».

[2] L’histoire de la commission d’enquête et du tribunal, de sa politisation, de sa manipulation, dépasse le cadre de cet envoi, au-delà même de savoir pourquoi on juge certains criminels et pas d’autres.

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